Pour notre troisième journée à Séoul, nous avons décidé d’aller visiter un temple bouddhiste, après avoir consacré les jours précédents aux palais impériaux.
Le temple Gilsangsa est un peu excentré, au nord de Séoul. Comme les jours précédents, nous nous sommes mises en route dès le petit-déjeuner terminé. Le trajet dure moins d’une heure, mais il nécessite d’emprunter un premier bus, avant de prendre une navette qui dépose les visiteurs au pied du temple.
Ce jour-là, le temps est à la pluie (ça aura d’ailleurs été la seule du séjour). Alors que nous attendons le bus, nous redécouvrons le plaisir des bancs chauffants coréens. Cela surprend un peu la première fois, mais c’est en réalité très agréable et permet de braver les températures plus fraîches.
La première étape terminée, nous rejoignons l’arrêt de notre correspondance. Cette dernière est, comme indiqué plus haut, une navette. Et si comme nous, vous n’avez pas la chance de pouvoir bénéficier de l’une des rares places assises, vous vous rendrez vite compte de son étroitesse. Ce qui rend le trajet un brin inconfortable pour les personnes de grande taille, en dépit du peu de temps passé à l’intérieur.
Car aussi court le trajet soit-il, il est très mouvementé ! Imaginez-vous une navette basse de plafond, qui serpente vigoureusement dix minutes durant dans les hauteurs de Séoul. Vous pouvez nous croire, ce trajet nous aura permis de travailler nos abdominaux, nos bras et nos jambes, en même temps que notre équilibre ! On comprend mieux la multitude de petits panneaux à bord, qui précisent qu’il faut bien s’accrocher.
Mais revenons en au sujet de cet article.
Une fois descendues de la navette, la première chose que l’on aperçoit, c’est la très grande porte qui marque l’entrée du temple de Gilsangsa. Il y est possible d’acheter un paquet de riz, à offrir aux moines du temple.



En s’enfonçant un peu plus dans l’enceinte du temple, nos oreilles captent soudainement une mélodie à moitié couverte par le son de la pluie dans les arbres : ce sont les moines qui chantent à l’occasion d’une cérémonie. Les chants bouddhistes accompagneront toute notre visite, contribuant à créer une atmosphère bien particulière.
La pluie n’est pas très forte, et nous prenons le temps de découvrir le jardin. Au gré de notre exploration, nous découvrons tantôt une statue devant le collège des jeunes bouddhistes, tantôt une pagode qui surplombe la vallée.
Si vous souhaitez faire une prière devant la pagode, voici comment il faut procéder : faites trois fois le tour de la pagode dans le sens des aiguilles d’une montre, puis inclinez-vous en joignant les mains face à celle-ci.



En revenant vers le bâtiment principal, nous contemplons un instant la grande cloche en bronze, abritée de la pluie sous une petit pavillon. Juste en dessous d’elle se trouve une petite fontaine où flottent paisiblement deux (faux) lotus. Le lieu respire la sérénité.
Nous remontons alors vers le bâtiment principal, où a lieu la cérémonie ; nous restons observer quelques instants à travers les portes ouvertes.
Sur le parvis du bâtiment principal pousse un arbre solitaire. Son feuillage abrite une petite statue en pierre de Bouddha. Le visage serein, il semble méditer ; dans ses bras, nous apercevons un billet de 1000 wons, sans doute laissé là par un visiteur…



Nous poursuivons la visite en direction des hauteurs du temple. Au milieu de la végétation, plusieurs bâtiments se dressent. Un petit pont de bois enjambe un ruisseau, une statue émerge d’entre les arbustes.
Tout en continuant de monter, nous longeons les bâtiments utilisés dans le cadre du programme Temple Stay, qui permet aux touristes de découvrir durant quelques jours la vie du temple. Ce programme est très répandu, mais nous n’avons encore jamais eu l’occasion de tester ; cela semble pourtant être une expérience très enrichissante.
Enfin, nous arrivons au point le plus haut. Il s’y dresse une petite dépendance entourée d’un muret de pierre. Nous hésitons un instant face au portillon à moitié ouvert, mais la présence de plusieurs visiteurs à l’intérieur nous pousse à entrer à notre tour. Cette dépendance est dédiée au moine Beopjeong Sunim, et certaines de ces possessions y sont exposées. Il n’y a cependant pas grand monde pour les admirer, les visiteurs semblent surtout profiter de l’abri qu’offre la structure contre la pluie.



Notre visite terminée, nous nous dirigeons vers l’entrée, mais avant que nous ne franchissions la porte qui nous sépare de la rue, nous apercevons un petit bassin décoré de fontaines en forme de tortue. L’occasion de faire quelques photos, avant de retourner en ville pour la suite de notre programme.



Bref historique
L’histoire du temple Gilsangsa est relativement récente. Autrefois, les lieux étaient un restaurant renommé.
Le temple est nommé après une gisaeng (femme de compagnie et/ou courtisane) appelée Kim Yeong-han qui a fait don de cet ancien restaurant. Après avoir lu Non-Possession (무소유 / 無所有 / musoyu) écrit par le Vénérable Beopjeong Sunim, elle a décidé de lui céder son restaurant.
Beopjeong Sunim a initialement refusé, avant de changer d’avis et de transformer cet ancien restaurant en temple, tout en conservant l’architecture originale en 1997.
Gilsangsa est, aujourd’hui, très impliqué dans des échanges culturels avec d’autres religions, notamment à travers son programme permettant aux visiteurs de vivre une expérience bouddhique.
Beopjeong Sunim est né en 1932 à Haenam, dans le sud du pays. Avoir fait l’expérience de la guerre de Corée (1950 – 1953) comme jeune soldat l’a amené à réfléchir sur les questions de la vie et de la mort. En 1956, il décide de devenir moine bouddhiste, dans le but de trouver la vérité derrière ses questionnements.
Il a suivi l’enseignement du vénérable Hyobong Haknul (1888 – 1966), et a été diplômé de l’école bouddhiste de Haeinsa. Il a dévoué sa vie à la pratique du bouddhisme dans différents temples, dont Ssanggye-sa, Haein-sa et Songgwang-sa.
Beopjeong Sunim est décédé au temple Gilsangsa le 11 mars 2010, après avoir dédié 55 ans de sa vie au bouddhisme.
Informations pratiques
Adresse : 68 Seonjam-ro 5-gil, Seongbuk-gu, Seoul – 서울특별시 성북구 선잠로5길 68.
Ouvert toute l’année avec entrée gratuite.
Date de la dernière visite : le 9 octobre 2022

