Nos jours heureux

Couverture de Nos jours heureux de Gong Jo-young

  • Titre du livre: Nos jours heureux
  • Auteur: GONG Ji-young
  • Editeur: Picquier poche
  • 361 pages – EAN : 9782809710243
  • Parution: 22 août 2014 (2016 pour l’édition poche)

Résumé du Nos jours heureux

Yujeong a le cœur en miettes lorsque sa tante Monica, qui est religieuse, l’emmène à la Maison d’arrêt de Séoul visiter un condamné à mort. Rien ne semble pouvoir rapprocher une jeune désespérée de bonne famille d’un triple meurtrier, et pourtant…

Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils vont se raconter avec sincérité leurs « vraies histoires », affronter les ténèbres et découvrir les lumières éblouissantes au sein de ces ténèbres, réparer leurs âmes meurtries.

Ce roman bouleversant nous parle de la force de l’amour, de pardon et de rédemption. En Corée, où la peine de mort n’a pas été abolie, il est considéré comme une œuvre aussi puissante que Le Chant du bourreau de Norman Mailer ; depuis sa parution en 2005, il n’a pas quitté la liste des best-sellers et a été adapté au grand écran en 2006 (plus de trois millions d’entrées)..

A propos de Gong Ji-young

Gong Ji-young est une romancière sud-coréenne née dans les années 1960. Elle est titulaire d’une licence en littérature, obtenue à l’université Yonsei.

Dans les années 1980 et 1990, des autrices coréennes ont révolutionné la littérature nationale, en introduisant de nouvelles perspectives, en abordant des thèmes sociaux cruciaux et en expérimentant avec des formes littéraires innovantes. Gong Ji-young est l’une des autrices les plus connues de cette « nouvelle vague », mais on peut également mentionner Bae Suah, Oh Jung-hee et Park Wan-suh.

Elle s’intéresse dès son adolescence à l’écriture, et commence par des récits et des poèmes. Ses premiers travaux sont marqués les mouvements étudiants pour la démocratisation du pays qui ont éclatés dans les années 1980.

Ainsi, son premier roman, intitulé « 동트는 새벽 » (dongteuneunsaebyeog, littéralement « L’aube se lève »), publié en 1988, est étroitement lié aux manifestations de l’époque. Il fait référence à la période pendant laquelle elle était en détention, conséquence de sa participation à un mouvement de protestation déclenché suite à des fraudes électorales lors des élections présidentielles de 1987.

Ce premier livre marque le début de sa carrière littéraire.

Autrice prolifique, elle a écrit plus d’une trentaine d’œuvres, qui se concentrent principalement sur deux axes : d’une part sur la condition des travailleurs en Corée du Sud, les exclus et les personnes victimes d’ostracisme, et d’autre part sur la place des femmes dans une société post-dictature et patriarcale et l’égalité des sexes comptent parmi ses sujets de prédilection.

C’est l’une des premières autrices en Corée à utiliser Internet pour faire sa promotion. Ainsi, en 2008, elle publie pendant six mois Les enfants du silence (disponible en français aux éditions Picquier) sur le portail Daum (un portail web aujourd’hui connu sous le nom Kakao).

Ses œuvres lui ont valu plusieurs récompenses, dont les plus notables sont le Oh Young-su Literature Award en 2004 et le Yi Sang Literary Award en 2011.

Sur le plan personnel, elle a été divorcée trois fois et est mère de trois enfants.

A propos du roman Nos jours heureux

Nos jours heureux est publié en Corée en 2005. Dès sa sortie, il figure sur la liste des best-sellers, et y reste jusqu’en 2009.

Ce roman dépeint en profondeur les questions humaines fondamentales de la vie et de la mort, à travers la rencontre entre un homme et une femme en apparence très différents, mais pourtant similaires. Ils partagent des morceaux de leur histoire qu’ils ne peuvent raconter à personne, et ce faisant, révèlent et guérissent des blessures intérieures qu’ils essayaient d’ignorer. C’est une histoire sur l’amour, le pardon et la véritable condition humaine.

En 2006, Gong Jo-young reçoit le Special Media Award d’Amnesty International. Ce prix témoigne de la reconnaissance de sa contribution à soulever la question de la peine de mort à travers son roman Nos jours heureux, et à éveiller l’opinion publique à travers des déclarations publiques en faveur de l’abolition de la peine de mort.

Par ailleurs, Nos jours heureux fait l’objet d’une adaptation au cinéma en 2006. Réalisé par le sud-coréen Song Hae-seong, il a cumulé près de 2,5 millions de vues en Corée.

FICHE TECHNIQUE

  • Titre original : 우리들의 행복한 시간 (ulideul-ui haengboghan sigan)
  • Année : 2006
  • Pays d’origine : Corée du Sud
  • Durée : 117 minutes
  • Réalisateur : Song Hae-seong

Vous pouvez retrouver le film dans son intégralité sur YouTube. N’oubliez pas d’activer les sous-titres automatiques !

Le film a reçu le prix du meilleur scénario lors du Chunsa Film Art Awards la même année.

Mon avis sur le roman Nos jours heureux

La rencontre entre Yujeong et Yunsu dans le roman de Ji-young Gong est une expérience littéraire captivante qui transcende les frontières sociales et explore des thèmes complexes tels que la peine de mort et la rédemption. Le récit débute avec Yujeong, une jeune fille de bonne famille aux prises avec le mal de vivre, qui accepte d’accompagner sa tante Monica, une religieuse, lors de visites à un condamné à mort. Ce choix improbable devient une thérapie pour Yujeong, dévoilant une double narration entre son point de vue et celui de Yunsu, le prisonnier.

L’alternance des narrateurs, bien qu’initialement perturbante, sert finalement à immerger le lecteur dans un univers romanesque riche. La relation entre Yujeong et Yunsu, malgré leurs origines sociales opposées, est dépeinte avec finesse, explorant des émotions puissantes telles que la gentillesse, la méchanceté, l’amour et le pardon. La critique sociale se manifeste à travers le témoignage de Yunsu, révélant la dureté de la vie des déshérités en Corée.

Aujourd’hui encore, la position de la Corée du Sud sur la peine de mort est un peu ambiguë. Elle n’a pas ratifié le traité international abolissant la peine de mort, et continue à condamner des prisonniers à la peine de mort. Ainsi, selon Amnesty International, il y a eu un condamné à mort en 2022 et quelques-uns au cours des dix dernières années, avec des détenus toujours dans le couloir de la mort.

Pourtant, la dernière exécution remonte au 30 décembre 1997. Il y a en effet un moratoire officieux sur les exécutions depuis la prise de fonction du Président Kim Dae-jung en février 1998.

Nos jours heureux se déroule en 1996, alors que la peine de mort est encore pratiquée sur le sol coréen. L’histoire se concentre cependant davantage sur la rédemption que sur la mort elle-même. Les deux protagonistes, marqués par des tragédies personnelles, trouvent dans leur rencontre un moyen de s’attaquer à leur prison intérieure. Le récit souligne la nécessité de ne pas juger précipitamment les autres, encourageant l’ouverture à autrui.

En abordant des thèmes profonds tels que la peine de mort, la rédemption, et la compassion, le livre offre une réflexion poignante sur la condition humaine.

C’était une très belle lecture, que je ne saurais que trop vous conseiller !

Acheté à la librairie Le Phénix le 28/06/2022 – Fiche rédigée le 20/12/2023

Publié par Meana

Passionnée par les pays d’Asie du Sud-Est et leur culture depuis plus de 15 ans, j’ai voyagé en Chine, Corée du Sud, Japon et Taïwan. J’ai même vécu un an à Pékin ! Je m’intéresse particulièrement à la portée historique des lieux et concepts, et aux habitudes de vie asiatiques.

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