- Titre du livre: Les mystères de Yoshiwara
- Auteur: MATSUI Kesako 松井今朝子
- Traduit du japonais par Didier Chiche et Shimizu Yukiko
- Editeur: Picquier poche
- 377 pages – EAN : 9782809709483
- Parution: 31 octobre 2013
Résumé de Les mystères de Yoshiwara
Avec ce roman, nous pénétrons de plain-pied dans le monde fascinant de Yoshiwara, le plus grand quartier des plaisirs de la ville d’Edo, aux règles complexes et raffinées, et aux secrets bien gardés.
La grande Katsuragi, l’une des courtisanes les plus prisées de Yoshiwara, a disparu. L’un après l’autre, tenanciers de maisons closes, domestiques, amuseurs, geishas, entremetteuses, viennent répondre aux interrogatoires. Et chacun profite pour se lancer dans des digressions cocasses, nostalgiques ou cyniques, qui donnent une image très vivante de ce qui fait son quotidien.
A travers ces histoires drolatiques, tragiques ou émouvantes, à travers ces confessions truculentes, enthousiastes ou désabusées mais toujours pleines de verve, on voit revivre tout le petit peuple de Yoshiwara, avec ses lois, ses usages, ses rites, et ses savoureux mystères.
A propos de Matsui Kesako

Matsui Kesako est une critique littéraire et romancière, née à Kyoto (Japon) en 1953.
Fille du propriétaire d’un restaurant de Gion, le quartier traditionnel de Kyoto, elle se passionne très tôt pour le kabuki, qui est la forme épique du théâtre japonais traditionnel.
Après des études en théâtre à la prestigieuse Université de Waseda à Tokyo, elle se consacre à la culture et la promotion de cet art ancestral japonais. Elle intègre ainsi une société où elle travaille sur la planification et la production de kabuki.
Elle quitte ensuite cette société pour se lancer en tant que freelance. Sous la direction de Tetsuji Takechi, elle travaille alors sur des adaptations et des critiques de kabuki.
Elle débute sa carrière de romancière en 1997, avec 東洲しゃらくさし Toshu Sharakusashi, un roman historique qui dépeint la réalité du kabuki. Autrice prolifique, elle a écrit de nombreux romans et essais. Et a également travaillé sur plusieurs œuvres en lien avec le kabuki.
Elle remporte son premier prix l’année de ses débuts. 仲蔵狂乱 Nakazo Kyoran, qui porte semble-t-il sur l’acteur de kabuki Nakamura Nakazo (1736-1790), lui vaut le prix du roman historique. Preuve de son succès, il est d’ailleurs porté au petit écran en 2000. Depuis cette première récompense, elle a reçu de nombreuses autres.
A propos du roman Les mystères de Yoshiwara
Les Mystères de Yoshiwara (吉原手引草, Yoshiwara tebiki gusa) est son roman le plus connu, et aussi le plus traduit. Publié en 2007 au Japon, il reçoit le Prix Naoki, qui récompense les œuvres de littérature populaire.
Il sort en France en 2011, aux éditions Picquier, et a droit à sa version poche deux ans plus tard. Depuis 2018, il est disponible en version audiobook sur Audible, mais uniquement en japonais.
J’ignore si cela provient de la version originale ou si c’est un ajout de l’éditeur, mais il y a plusieurs cartes au début du livre. La première est une carte en 2D de la ville d’Edo, avec les principaux lieux indiqués, la seconde une carte plus classique du quartier entourant Yoshiwara, et la dernière un plan de Yoshiwara.
C’est très pratique pour comprendre et situer l’action !
Mon avis sur le roman Les mystères de Yoshiwara
Les mystères de Yoshiwara est à mi-chemin entre le roman historique et l’enquête policière.
J’ai beaucoup aimé la façon dont l’autrice donne la parole aux personnes qui travaillent dans ce quartier. En effet, il n’y a pas de narration ou de dialogues dans ce roman : chaque chapitre n’est que le monologue d’un personnage. Tantôt la patronne d’une maison de thé, tantôt le propriétaire ou l’employé d’une maison close, tantôt un trafiquant de filles, chacun à leur tour, ils dévoilent le portrait d’un quartier à la réputation sulfureuse. Et se faisant, offrent des pistes pour comprendre ce qui se cache derrière la disparition de Katsuragi.
On sent bien qu’ils s’adressent à quelqu’un, un homme jeune et « bien fait de sa personne ». Mais de ce mystérieux inconnu, on sait bien peu de choses. Il faudra attendre la fin du roman pour que le voile soit levé.
Ce type de monologue, parfois comique, parfois dramatique, n’est pas sans rappeler le rakugo, une forme de spectacle littéraire japonais humoristique. Au vu des différentes critiques que j’ai vu en ligne, je dirais qu’on aime ou on n’aime pas. En ce qui me concerne, passé la surprise, j’ai trouvé le format plutôt rafraîchissant.
J’ai trouvé la lecture de ce roman divertissante. La plume de l’autrice est agréable – tout du moins sa traduction – et je trouve dommage que ses autres œuvres ne soient pas traduites en français.
Ainsi, c’est un roman que je vous conseille tout à la fois pour son format atypique, pour son côté roman historique / policier et pour tous les éléments qu’il livre sur la vie quotidienne dans un quartier certes particulier du Japon d’Edo.
Une belle découverte !
Offert par une amie – Critique rédigée le 01/02/2024

