Shennong : le Sage des plantes et Père de la médecine chinoise

Représentation de Shennong Généré par IA

Shennong, l’une des figures les plus vénérées de la mythologie chinoise, est bien plus qu’un simple héros civilisateur. Connu comme l’inventeur de l’agriculture et de la médecine, il a laissé un héritage qui résonne encore dans la culture et les traditions chinoises d’aujourd’hui. Ce dernier article de notre série sur les Trois Augustes explore non seulement ses contributions légendaires, mais encore la manière dont il continue d’influencer les pratiques et croyances modernes. Pourriez-vous deviner la prochaine catégorie de la mythologie que nous allons aborder ?

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Shennong (神農) est un personnage issu de la mythologie chinoise. Membre des Trois Augustes, il est considéré comme l’un des héros civilisateurs.

Shennong est parfois confondu avec Yandi (炎帝), un autre empereur mythique également associé à l’agriculture et à la médecine. Tandis que Yandi est souvent considéré comme une divinité du feu, Shennong est célébré pour sa maîtrise de la terre et des plantes médicinales. Les deux figures, bien que distinctes, partagent des rôles similaires dans la culture chinoise, ce qui explique leur association fréquente. Dans certaines traditions, Shennong est aussi décrit comme le frère de Huangdi, l’Empereur Jaune, souvent considéré comme le créateur de la civilisation chinoise. Aussi considéré comme inventeur de la houe, de l’araire, du champ, de la culture des cinq aliments de base, la découverte du thé et des vertus médicinales des plantes.

Depuis la période des Royaumes Combattants (476 – 221 avant Jésus-Chris), il occupe une place importante pour la société agricole et est considéré comme le saint patron des pharmaciens et des médecins.

D’après l’une des légendes, un ministre vint à la cour impériale en lui demandant de contacter un vieil homme souffrant de grandes douleurs. À cette époque, personne ne savait ni ce qui n’allait pas ni comment aider ce vieil homme, notamment à cause du manque de médicaments ou de soins médicaux appropriés. Peu de temps après, le vieil homme décéda.

Profondément ému par cet incident, Shennong ne pouvait pas rester les bras croisés alors que le peuple souffrait et mourait. Il prit la décision de tout faire pour développer ses connaissances médicales.

Chaque jour, Shennong se rendait dans la forêt et cherchait des plantes sauvages pour y faire des prélèvements et les classa par goût et par caractéristiques. Son estomac transparent se révéla ainsi utile et il découvrit quelles plantes étaient toxiques ou curatives. Il parvint à identifier 365 herbes aux vertus médicinales, des fruits, des légumes et les cinq cultures de base de la Chine antique : le riz, le blé, le sorgho, le millet et les haricots.

À travers ses aventures et ses dégustations, Shennong put comprendre comment ces plantes poussaient, le type de sol nécessaire et à quelles saisons elles prospéraient.

La légende dit aussi que Shennong a inventé le calendrier, la charrue et la hache. Il aurait également dessiné des plans pour la culture à grande échelle, la conservation et le stockage des aliments afin que le peuple ne souffre pas de famine : c’est le début de l’agriculture en Chine. Afin de commémorer ses découvertes, lors de la dynastie Han, les érudits ont compilé un livre, le Shennong Ben Cao Jing (神農本草經 Shén Nóng Běn Cǎo Jīng).

Bien que tout semble bien s’être passé lors des expériences de Shennong, ce n’est en réalité pas le cas. Après avoir testé de nombreuses herbes inconnues, il a subi des empoisonnements jusqu’à 70 fois par jour. Un antidote inattendu lui permit de guérir à chaque fois : le thé (茶 chá).

Un jour, alors qu’il faisait un feu pour faire bouillir de l’eau, une brise de vent vint faire virevolter des feuilles qui atterrirent dans la marmite, infusant l’eau. Shennong, comme il testait déjà tout ce qui était sous sa main, il prit une gorgée d’eau naturellement. Par chance, ce breuvage l’aida à combattre les toxines, mais également d’avoir une longue vie.

Shennong mourut à l’âge de 120 ans. Après avoir testé une plante surnommée « l’herbe qui fend les intestins » (斷腸草 duàn cháng cǎo), il ne parvint pas à boire son antidote à temps.

Même s’il a connu le trépas, Shennong laissa un riche héritage altruiste et de nombreuses connaissances dans les domaines de l’agriculture et de la médecine qui ont profité à l’humanité.

Représentation de Shennong
Source : Domaine public

Comment représenter Shennong ? Et comment le reconnaître ?

Dans les temples, Shennong est souvent représenté comme un homme ventru au torse nu, vêtu d’une jupe et d’une collerette de feuilles, évoquant son lien étroit avec la nature. Ses deux cornes sur le crâne rappellent ses origines divines et son association avec le bétail, symbole de fertilité. Il tient souvent un épi de riz ou d’autres symboles agricoles, soulignant son rôle de fondateur de l’agriculture. Par exemple, au temple Shennong à Tainan, Taïwan, une statue grandeur nature le dépeint en train d’inspecter une plante médicinale, un clin d’œil à sa réputation de pionnier de la médecine chinoise.

De nos jours, la culture chinoise respecte toujours Shennong, qui tient le rôle de saint patron pour les agriculteurs et les praticiens de la médecine traditionnelle.

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Chaque année, les Chinois mettent en place des festivals pour honorer sa mémoire. Ces commémorations célèbrent les récoltes et souhaitent de nouvelles saisons agricoles prospères. Dans les pharmacopées traditionnelles, les praticiens placent une statue sur les étagères remplies d’herbes médicinales pour symboliser la quête continue de remèdes naturels. De plus, des initiatives modernes qui visent à promouvoir l’agriculture durable en Chine s’inspirent des enseignements attribués à Shennong, renforçant ainsi la pertinence de son héritage.

Le culte de Shennong s’est propagé dans toute la Chine, et de nombreux temples lui rendent hommage comme protecteur de l’agriculture et de la médecine. Parmi ces temples, le Shennong Temple de Taïwan se distingue par son histoire riche et mouvementée.

Érigé en 1709 comme le Fude Shrine dans le village Shulin, ce temple a connu une première destruction à cause d’inondations. Pour éviter une seconde destruction, les autorités ont délocalisé le temple au village Jiujia et l’ont reconstruit sous le nom de Zhilan Temple.

En 1812, les autorités renommèrent le temple Shennong Temple. Il servit de base importante lors du conflit entre les émigrés de Zhangzhou et de Quanzhou. Enfin, les rénovateurs rénovèrent le temple en 1972 lors de la construction du Hall des Trois Rivières, de la tour du clocher et du tambour.

Statue de Shennong au Shilin Shennong Temple
Crédit : 林高志
CC BY-SA 4.0
Pour aller plus loin
  • Chine, mythes et dieux, Jacques Pimpaneau, Editions Picquier (2021)
  • La série « Mythe et Histoire« de la troupe Shen Yun
  • La chaîne YouTube « Rendez-vous Contes »

Publié par Corall

Passionnée par l'Asie depuis mon plus jeune âge, j'ai eu la chance de pouvoir visiter certains de ses pays, et notamment, la Chine, le Japon et la Corée du Sud. J'ai également eu la chance de pouvoir vivre un an en Chine dans le cadre de mes études et souhaite aujourd'hui vous faire découvrir les incroyables expériences que nous avons pu vivre lors de nos séjours.

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